Oiseau de malheur - Johanna Sinisalo

oiseau de malheurC'est lors de mon voyage en Islande que j'ai commencé la lecture de ce livre, et c'est en mer, au large des calanques de Marseille que je l'ai achevée. On ne pouvait rêver conditions plus appropriées !

Johanna Sinisalo, née en 1958 en Laponie finlandaise nous invite au voyage. Voyage à la découverte de soi, de l'autre et au retour à la nature, la vraie nature sauvage, loin des jardins et des paysages humanisés. Fuyant la société de consommation, c'est au coeur de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, sans cesse suivi et épié par le Kéa, que le jeune couple va se construire au fil de cette longue randonnée éprouvante et semée d'embuches. Nous pouvons suivre, successivement au fil des pages, les sensations éprouvées par les deux narrateurs qui perdent peu à peu tous leurs repères et renouent avec les instincts les plus primitifs : haine, violence, admiration, angoisse ... C'est au final avec les véritables valeurs qu'ils renouent : le plaisir d'être ensemble, de savourer un modeste repas, et le plaisir d'être en vie.

Ce n'est qu'au sein de cette expérience commune que peut se souder le couple : "Rien n'aurait été pareil sans elle, sans avoir conscience à tout instant que d'autres yeux, d'autres oreilles, d'autres faisceaux de muscles percevaient la même chose, que plus tard, à n'importe quel moment, je pourrais ressortir le Souk de sa tête comme d'un coffre à trésor dont nous serions les seuls à posséder la clef".

Oiseau de Malheur est aussi un texte engagé, engagé pour la protection de l'environnement. Des extraits des recueils naturalistes parsèment le roman présentant la faune locale et les enjeux de conservation, en particulier au sujet du Kéa. Le traitement des déchets est également un thème récurrent tout au long du livre. Que faire de nos déchets ? La question se pose aussi bien au fil de la randonnée que dans notre société. Jirki déplore l'insouciance avec laquelle nous nous en débarrassons :"S'en débarrasser, voilà le maître mot. Que ferions-nous, tout bien réfléchi, s'il n'y avait pas sans cesse quelqu'un pour s'occuper de nos ordures ? Comment nous sommes choqués quand on nous demande de les prendre en charge nous-mêmes. Produire des déchets est aussi naturel que respirer. Et de manière tout aussi naturelle le déchet devient toujours le problème de quelq'un d'autre. [...] Chacun devrait être obligé d'entasser régulièrement sur le sol de son salon tous les déchets qu'il produit pendant une semaine, avec interdiction de s'en débarrasser. L'amas decrait rester là toute la semaine, et tiens tiens, pour une fois, ce ne serait pas le problème de quelqu'un d'autre".

Une épopée riche en expérience également pour le lecteur, qui, il est vrai peut peiner au début du roman pour suivre le fil quelque peu éclaté de la narration, aussi bien spatialement que temporellement. Mais il faut apprendre à y cheminer pour goûter au plaisir de la lecture. Qui sait, vous vous laisserez peut-être vous aussi surprendre !

Sinisalo

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Commentaires (1)

1. Regis 16/12/2011

oiseau de malheur c'est ce livre là qu'il faut que je trouve.....peut être tu pourrais me le prêter....

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